Processus d'éviction au Québec pour les locateurs : règles et délais
Comprenez les règles strictes d'éviction et de reprise de logement au Québec, incluant les délais d'avis, les audiences au TAL et le moratoire sur les évictions pour rénovations.
Avis de non-responsabilité légale
Ce contenu est fourni à titre d'information générale et éducative uniquement. Il ne constitue pas un avis juridique et ne doit pas être considéré comme tel. Les lois changent fréquemment — vérifiez toujours la réglementation en vigueur et consultez un avocat agréé dans votre juridiction pour obtenir des conseils spécifiques à votre situation. Landager est une plateforme de gestion immobilière, pas un cabinet d'avocats.Informations vérifiées pour la dernière fois le : May 2026.
Régie par le Code civil du Québec (en vigueur le 1er janvier 1994), l'éviction d'un locataire au Québec est un processus complexe en raison du concept juridique du « droit au maintien dans les lieux », qui garantit essentiellement au locataire le droit de demeurer dans son logement indéfiniment, à condition qu'il respecte les termes du bail. Le Tribunal administratif du logement (TAL) supervise toutes les évictions et résiliations de baux résidentiels.
Résiliation de bail vs. Éviction
En droit québécois, il existe une distinction nette entre l'« éviction/reprise » (motifs sans faute du locataire, liés aux projets du locateur) et la « résiliation de bail » (motifs pour faute du locataire, en raison d'un manquement contractuel).
1. Résiliation de bail (pour faute)
Un locateur peut s'adresser au TAL pour résilier un bail si le locataire manque gravement à ses obligations :
- Non-paiement du loyer : Le locataire a plus de trois semaines (21 jours) de retard. Toutefois, en vertu du pouvoir discrétionnaire du TAL, le locataire peut éviter la résiliation s'il paie le loyer et les frais avant le jugement, car le TAL peut accorder un délai de paiement.
- Retards fréquents : Le locataire paie habituellement en retard, causant un « préjudice sérieux » au locateur (ex. : retards dans les paiements hypothécaires).
- Trouble de jouissance : Le locataire cause des perturbations graves et continues aux voisins.
- Activité illégale / Conditions insalubres : Le locataire utilise le logement à des fins illégales ou cause des dommages importants ou des risques pour la santé.
Dans ces scénarios de faute, le locateur doit déposer une demande au TAL pour obtenir un jugement résiliant le bail et ordonnant au locataire de quitter les lieux.
2. Reprise de logement (sans faute)
En vertu de l'article 1957 du CCQ, seul un locateur qui est propriétaire du logement peut le reprendre exclusivement pour y habiter lui-même, ou pour y loger :
- Ses enfants ou ses parents.
- Un conjoint dont il est séparé ou divorcé, mais dont il demeure le principal soutien.
- Tout autre parent dont il est le principal soutien.
Délais d'avis pour la reprise :
- Baux de plus de 6 mois : 6 mois d'avis écrit avant la fin du terme.
- Baux de 6 mois ou moins : 1 mois d'avis écrit avant la fin du bail.
- Baux à durée indéterminée : 6 mois d'avis écrit avant la date de reprise prévue.
Le locataire dispose d'un mois pour répondre à l'avis. S'il refuse ou ne répond pas, le locateur doit s'adresser au TAL dans le mois suivant pour obtenir l'autorisation de reprendre le logement.
3. Éviction pour subdivision, agrandissement ou changement d'affectation
Dans des circonstances normales, un locateur pouvait évincer un locataire pour changer la destination d'un immeuble (ex. : résidentiel à commercial), diviser le logement ou l'agrandir substantiellement.
ÉVICTIONS POUR RÉNOVATIONS (Loi 65 et Loi 31) En vertu de la Loi 65 (en vigueur le 6 juin 2024), un moratoire de 3 ans interdit les évictions aux fins de subdiviser un logement, de l'agrandir substantiellement ou d'en changer la destination. Ce moratoire s'applique à moins que le taux d'inoccupation des logements dans le centre urbain concerné n'atteigne 3 % ou plus (selon les données de la SCHL).
Si une éviction est légalement permise, le locateur doit verser au locataire une indemnité obligatoire égale à un mois de loyer pour chaque année de location ininterrompue (minimum de 3 mois et maximum de 24 mois), plus les frais de déménagement raisonnables sur présentation de reçus (Art. 1965 CCQ, tel que modifié par la Loi 31). La Loi 31 a été sanctionnée et est entrée en vigueur le 21 février 2024.
Réponses du locataire aux avis d'éviction
En vertu des modifications apportées par la Loi 31 (en vigueur le 21 février 2024), si un locataire reçoit un avis d'éviction (pour des projets, lorsque permis) et ne répond pas dans un délai d'un mois, il est présumé avoir refusé l'éviction (inversant la règle précédente où le silence valait acceptation). Le locateur doit alors s'adresser au TAL pour forcer l'éviction.
Pour une reprise de logement, si le locataire ne répond pas, cela est également considéré comme un refus, obligeant le locateur à demander l'autorisation du TAL.
Protections pour les personnes âgées
En vertu de l'article 1959.1 du CCQ (tel que modifié par la Loi 65), la loi québécoise interdit strictement aux locateurs de reprendre un logement ou d'évincer un locataire qui remplit les trois critères suivants :
- Le locataire (ou son conjoint) est âgé de 65 ans ou plus.
- Le locataire occupe le logement depuis au moins 10 années consécutives.
- Le revenu du locataire est égal ou inférieur à 125 % du revenu maximal admissible à un logement à loyer modique.
Exception : Un locateur peut reprendre le logement d'une personne âgée si le locateur (ou le membre de la famille qui emménage) est également âgé de 65 ans ou plus.
Étapes du processus d'éviction
- Signifier l'avis : Fournir un avis écrit formel en respectant les délais et formulaires stricts du TAL.
- Délai de réponse du locataire : Attendre 1 mois pour que le locataire accepte ou refuse.
- Déposer une demande au TAL : En cas de refus, déposer une demande au TAL dans le délai légal (généralement 1 mois après le refus).
- L'audience : Les deux parties présentent leurs preuves. Pour une reprise, le locateur doit prouver qu'il entend réellement utiliser le logement aux fins déclarées.
- Le jugement : Si le TAL tranche en faveur du locateur, il doit ordonner le paiement de l'indemnité obligatoire (1 mois de loyer par année, min 3, max 24) et des frais de déménagement.
- L'exécution : Si le locataire refuse toujours de partir après un jugement, le locateur doit faire appel à un huissier pour exécuter physiquement l'éviction.
Comment Landager peut vous aider
La gestion des délais d'éviction et des échéances du TAL exige une précision absolue. Le système de gestion de tâches de Landager calcule automatiquement les délais d'avis en fonction des dates de fin de bail et enregistre toutes les communications et avis envoyés aux locataires, assurant que votre documentation est prête en cas d'audience.
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Sources et références officielles
Foire aux questions
▶Quelle est la procédure d'éviction pour les locateurs au Québec ?
La procédure d'éviction au Québec exige que les locateurs suivent des procédures juridiques formelles établies par le droit provincial. Les motifs valables incluent généralement le non-paiement du loyer, les violations du bail ou la reprise du logement par le locateur pour son usage personnel. Les locateurs doivent fournir un avis écrit approprié, respecter les délais de remédiation requis et peuvent devoir obtenir une ordonnance du tribunal.
▶Quelles sont les principales lois régissant les rapports locatifs au Québec ?
Les lois québécoises sur le logement résidentiel sont uniques en Amérique du Nord, favorisant largement la stabilité du locataire et imposant des réglementations strictes supervisées par le Tribunal administratif du logement (TAL), anciennement la Régie du logement. Que vous gériez un seul condo ou un immeuble à logements multiples, il est essentiel de comprendre ces règles, qui sont ancrées dans le Code civil du Québec. Ce guide couvre les exigences de conformité essentielles pour les propriétaires et les locateurs.
Lire le guide complet▶Quelles sont les règles concernant l'augmentation de loyer au Québec ?
Le Québec dispose de règles spécifiques régissant le moment et la manière dont les locateurs peuvent augmenter le loyer, incluant des critères de fixation, des délais de préavis obligatoires et des restrictions sur la fréquence des augmentations. Ces règles diffèrent des normes nationales, les locateurs doivent donc se conformer à la réglementation provinciale.
Lire le guide complet▶Quelles sont les règles concernant les dépôts de garantie au Québec ?
Au Québec, il est important de noter que la demande d'un dépôt de garantie est interdite, à l'exception du paiement du premier mois de loyer. Les locateurs doivent se conformer aux dispositions du Code civil du Québec concernant les modalités de paiement et les obligations financières liées à la conclusion du bail.
Lire le guide complet▶Quelles sont les mentions obligatoires dans un bail au Québec ?
Les contrats de location au Québec doivent être conformes au formulaire obligatoire du Tribunal administratif du logement. Les éléments requis incluent généralement l'identité des parties, la description du logement, le montant du loyer et les modalités de paiement, la durée du bail, ainsi que la répartition des responsabilités en matière d'entretien.
Lire le guide complet▶Quelles sont les obligations d'entretien du locateur au Québec ?
Les locateurs au Québec sont tenus de maintenir les logements en état de servir à l'habitation, en assurant le bon état de la structure, de la plomberie, des systèmes électriques et des services essentiels. Les lois provinciales peuvent imposer des exigences supplémentaires en matière de salubrité et de sécurité.
Lire le guide complet▶Quelles sont les règles concernant les frais de retard au Québec ?
Le Québec impose des règles strictes concernant les frais de retard et les pénalités pour loyer impayé. Les clauses pénales sont généralement limitées ou interdites. Il est impératif de consulter la réglementation provinciale applicable pour déterminer ce qui est permis en matière de recouvrement de loyer.
Lire le guide complet▶Quelles sont les divulgations obligatoires que les locateurs doivent fournir au Québec ?
Les locateurs au Québec doivent divulguer les informations pertinentes sur le logement aux locataires potentiels avant la signature du bail. Les divulgations requises peuvent inclure les défauts connus, les risques environnementaux, les dommages antérieurs et toute condition affectant l'usage du logement par le locataire, conformément au Code civil du Québec.
Lire le guide complet📬 Soyez alerté lorsque ces lois changent
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