Guide des dépôts de garantie commerciaux au Québec

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Tout ce que les propriétaires commerciaux au Québec doivent savoir sur la perception des dépôts de garantie, des lettres de crédit et comment éviter les pièges résidentiels.

Melvin Prince
7 min de lecture
Vérifié May 2026Canada flag
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Avis de non-responsabilité légale

Ce contenu est fourni à titre d'information générale et éducative uniquement. Il ne constitue pas un avis juridique et ne doit pas être considéré comme tel. Les lois changent fréquemment — vérifiez toujours la réglementation en vigueur et consultez un avocat agréé dans votre juridiction pour obtenir des conseils spécifiques à votre situation. Landager est une plateforme de gestion immobilière, pas un cabinet d'avocats.Informations vérifiées pour la dernière fois le : May 2026.

Régi par le Code civil du Québec (entré en vigueur le 1er janvier 1994), le secteur du bail commercial au Québec fonctionne selon le principe fondamental de la liberté contractuelle. Contrairement aux baux résidentiels — où les dépôts de garantie sont interdits en vertu de l'article 1904 — les propriétaires commerciaux peuvent, et devraient absolument, exiger des dépôts de garantie, des lettres de crédit irrévocables (LCI) ou des cautions personnelles (cautionnement) pour protéger leurs investissements immobiliers.

Aucune limite légale

Puisque le Tribunal administratif du logement (TAL) ne régit pas les baux commerciaux, il n'existe aucun plafond légal sur le montant qu'un propriétaire commercial peut demander à titre de dépôt de garantie.

Le montant est dicté uniquement par les standards du marché et la solvabilité du locataire commercial. Il est courant que les dépôts de garantie commerciaux au Québec varient de un à six mois de loyer brut, selon :

  • La solidité financière de l'entreprise.
  • Le fait que l'entreprise soit une startup ou une société établie.
  • Le coût des améliorations locatives financées par le propriétaire.

Types de sûretés dans les baux commerciaux

Alors que les dépôts en espèces sont courants, les baux commerciaux sophistiqués au Québec utilisent souvent d'autres formes de sûretés financières.

1. Dépôts en espèces

Le locataire fournit une somme en espèces dès le départ. Le bail doit spécifiquement définir :

  • Dans quelles conditions le propriétaire peut puiser dans le dépôt (par exemple, loyer impayé, dommages non réparés au départ).
  • Si le propriétaire doit conserver les fonds dans un compte en fidéicommis séparé (non requis légalement par le CCQ, mais souvent négocié).
  • Si le dépôt accumule des intérêts, et qui conserve ces intérêts (généralement le propriétaire).
  • Le délai de restitution du dépôt après l'expiration du bail.

2. Lettres de crédit irrévocables (LCI)

Pour les baux commerciaux de grande envergure (espaces industriels, grands commerces de détail), les dépôts en espèces immobilisent trop de fonds de roulement d'une entreprise. Au lieu de cela, un locataire fournira une lettre de crédit irrévocable et continue d'une banque canadienne établie.

  • En cas de défaut du locataire, le propriétaire présente simplement la lettre à la banque pour retirer les fonds.
  • La lettre de crédit élimine le risque que le dépôt de garantie ne soit mêlé aux procédures de faillite du locataire, offrant un niveau de sécurité supérieur au propriétaire.

3. Cautions corporatives ou personnelles (Cautionnement)

En droit civil québécois, cela est connu sous le nom de cautionnement (Art. 2333 CCQ).

  • Si le locataire est une société nouvellement constituée, le propriétaire peut exiger que les fondateurs de l'entreprise ou une société mère signent une caution personnelle ou corporative.
  • Cela rend les garants « solidairement responsables » (conjointement et solidairement responsables) du loyer et des obligations du bail, à condition que cela soit expressément stipulé dans l'accord, car la solidarité n'est pas présumée en droit québécois (Art. 1525 CCQ).

Restitution du dépôt

Puisqu'il n'existe aucun délai légal (contrairement aux règles strictes que l'on trouve dans les codes résidentiels d'autres provinces), le délai de restitution d'un dépôt de garantie commercial doit être explicitement inscrit dans le bail. Si un litige survient concernant la retenue ou la restitution d'un dépôt, la compétence est déterminée par le montant réclamé en vertu de l'article 35 du Code de procédure civile :

  • Cour du Québec (Chambre civile) : A compétence exclusive pour les réclamations inférieures à 75 000 $.
  • Compétence concurrente : La Cour du Québec et la Cour supérieure du Québec partagent la compétence pour les réclamations entre 75 000 $ et 99 999,99 $.
  • Cour supérieure du Québec : A compétence exclusive pour les réclamations de 100 000 $ ou plus.

Une clause commerciale standard pourrait stipuler que le propriétaire restituera le solde du dépôt dans les 30 à 60 jours suivant l'expiration du bail, à condition que le locataire ait libéré les lieux, retiré toutes ses installations et restauré l'unité à son état d'origine.

Rédaction de la clause de dépôt

Une clause de dépôt de garantie mal rédigée peut limiter la capacité d'un propriétaire à utiliser les fonds en cas de besoin. Assurez-vous que votre bail commercial stipule explicitement :

  • Que le dépôt peut être appliqué à tout manquement au bail, et pas seulement aux loyers impayés.
  • Que si le propriétaire utilise une partie du dépôt pendant la durée du bail, le locataire doit le reconstituer immédiatement au montant initial dans un délai défini (par exemple, 5 jours).
  • Qu'en cas de vente de l'immeuble, le propriétaire est libéré de toute responsabilité après le transfert du dépôt au nouveau propriétaire.

Stratégies de négociation pour les montants des dépôts

Le montant d'un dépôt de garantie commercial est l'une des clauses les plus âprement négociées dans tout bail commercial au Québec. Voici des stratégies pour les deux parties :

Pour les propriétaires

  • Exiger des dépôts plus élevés des startups : Les nouvelles entreprises ont des flux de revenus non prouvés et un risque de défaut plus élevé. Trois à six mois est la norme pour les startups.
  • Préférer les LCI aux espèces : Les lettres de crédit irrévocables offrent une protection supérieure en cas de faillite et démontrent que le locataire a une cote de crédit de qualité bancaire.
  • Inclure une clause de reconstitution : Si le propriétaire utilise une partie du dépôt pendant le bail, le locataire doit le reconstituer dans les 5 à 10 jours ouvrables.

Pour les locataires

  • Négocier des réductions progressives : Après 2-3 ans de paiements ponctuels, le dépôt requis diminue (par exemple, de 3 mois à 1 mois), libérant ainsi du fonds de roulement.
  • Offrir une caution corporative à la place : Une caution de la société mère peut parfois remplacer un dépôt en espèces, préservant ainsi la liquidité du locataire.
  • Exiger des intérêts : Négocier pour que le dépôt accumule des intérêts au taux d'épargne de la banque, avec des intérêts payables annuellement au locataire.

Comment Landager peut vous aider

Le système de gestion des baux commerciaux de Landager suit les soldes des dépôts, les dates d'expiration des LCI, les obligations de reconstitution et les calendriers de réduction progressive pour chaque locataire de votre portefeuille. La plateforme vous alerte automatiquement lorsqu'une LCI approche de son expiration et génère des lettres de demande de renouvellement pour assurer une couverture de sécurité continue.

Sources et références officielles

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